





J’avais récemment une discussion bien informelle sur différents enjeux entourant la mission de favoriser l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. J’aimerais vous faire part dans cet article de quelques réflexions suscitées par cette discussion.
Pour ma part, j’avais tendance à dégager deux types de problématiques bien différentes. La première portait sur la place des personnes handicapées et le marché du travail. La seconde abordait la question quasi sempiternelle et existentielle de la concertation et du partenariat.
Les personnes handicapées et le marché du travail
Peut-on convenir que c’est un euphémisme de dire que la présence des personnes handicapées sur le marché du travail ne progresse pas de façon aussi significative qu’on le souhaiterait. Selon les données statistiques les plus récentes1, le taux d’emploi des personnes handicapées était à cette date deux fois moindre que le taux d’emploi de la population sans incapacité, oscillant autour de 36 %.
On a souvent allégué le plus faible niveau de scolarité des personnes handicapées pour expliquer (et probablement aussi pour justifier) cette situation. Cet argument ne tient plus la route, du moins si on examine l’évolution de la présence des personnes handicapées au niveau des études postsecondaires2. Le nombre d’étudiants en situation de handicap aurait augmenté de 330 % dans le réseau collégial entre 1995 et 2009. Au niveau universitaire, il s’agit d’une augmentation de 200 %.
Mais même lorsque les personnes handicapées détiennent un niveau de scolarité identique à celui de la population sans incapacité, on constate3 encore des écarts très importants entre le taux d’emploi de ces deux groupes.
À titre illustratif, le taux d’emploi des personnes handicapées qui ont un niveau de scolarité universitaire se situerait à 57,4 % alors que ce taux est de 82,1 % dans le cas de la population sans incapacité détenant un même niveau de scolarité. Faute d’arguments, on pourrait ici faire valoir que les personnes handicapées ne sont pas assez présentes dans des domaines d’études offrant de bonnes perspectives professionnelles. Les Journées Contact personnes handicapées/employeurs que nous avons organisées au cours des dernières années nous permettent d’affirmer le contraire.
Non seulement les personnes handicapées sont nettement mieux préparées pour répondre aux exigences du marché du travail, mais d’autres facteurs devraient aussi concourir à infléchir la situation qui est décrite. La Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées remonte à plus de trente ans. Plus récemment, en 2009, c’est dans la politique gouvernementale À part entière! qu’on réaffirmait ces droits. La Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées, adoptée en 2008, veut réduire de moitié l’écart entre les deux taux d’emploi que nous venons d’évoquer. Depuis 2005, les personnes handicapées constituent un groupe ciblé dans la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics. Au niveau fédéral, la Loi en matière d’équité en emploi remonte à 1995.

Claude Séguin, directeur général
Même le contexte démographique devrait être favorable à l’emploi des personnes handicapées. La population active croîtra moins rapidement que l’emploi4 au cours des prochaines années, permettant donc d’appréhender de sérieuses pénuries de main-d’œuvre.
La discrimination à l’égard de l’accès des personnes handicapées à l’emploi demeure de toute évidence systémique. Parmi tous les obstacles, l’un d’entre eux, souvent subtil dans l’expression de ces manifestations, réside encore dans des représentations sociales négatives par rapport à l’emploi des personnes handicapées. Agir sur ces représentations constitue donc un autre enjeu crucial. Mais, comme on le sait, les moyens qu’on peut mettre en œuvre à cet égard, qui ont avantage à reposer sur une compréhension juste de ce phénomène, ne produisent pas d’effets spontanés puisqu’il s’agit souvent d’un travail de longue haleine.
Quoi retenir de tout cela? Sûrement pas mon défaitisme, mais une inclinaison pour des mesures qui ne peuvent pas qu’être persuasives et incitatives. Des obligations de résultats d’embauche des personnes handicapées ne sembleraient-elles pas plus prometteuses que des obligations de mettre en œuvre des plans d’accès à l’égalité?
La concertation et le partenariat
On fait avec raison le pari que la concertation et le partenariat constituent deux clés importantes pour optimiser de façon efficiente et efficace la contribution de tous ces acteurs interpellés par l’objectif de favoriser un accès effectif des personnes handicapées au marché du travail. Il s’agit sans doute de conditions essentielles aussi pour assurer la continuité et la complémentarité des services.
Mais ces mots ne revêtent pas en soi des vertus magiques.
On doit pouvoir compter sur une culture organisationnelle reposant sur un certain nombre de préalables qui ne sont pas compatibles avec le travail en silo si souvent décrié. Certains facteurs peuvent cependant encourager parfois cet effet qu’on ne souhaite pourtant pas. Sans être trop sévère ou pessimiste dans mon jugement, il me semble que la multiplication des programmes et des mesures et leur bureaucratisation, donnant ainsi naissance à autant de structures, accroissent les besoins de coordination et, en corollaire, les probabilités du travail en silo. On peut se demander également si on ne découpe pas parfois artificiellement l’offre de services par rapport aux besoins de clientèles à desservir. Je me risquerais enfin à dire qu’il est possible d’observer certaines manifestations corporatistes qui ne servent pas bien la clientèle et qui contribuent elles aussi à entretenir ce travail en silo.
J’espère que mes propos ne découragent pas mais, au contraire, donnent le goût de relever, avec tout l’aplomb qu’il faut, un défi qui se présente sous diverses facettes. Du moins, c’est ce qui m’habite. Je ne perds pas de vue non plus notre dernière démarche de planification stratégique au CAMO où nous avons inscrit l’ambitieux enjeu de pouvoir constituer un lieu de convergence de valeurs, d’idées et de pratiques favorables à un travail commun dont il me semble que le seul intérêt repose sur un mieux-être des personnes handicapées.
J’aimerais bien recevoir vos commentaires sur l’un ou l’autre des thèmes abordés au c.seguin@camo.qc.ca.
Claude Séguin
Directeur général

Depuis avril dernier, le CAMO prépare la deuxième phase de son projet d’évaluation et de reconnaissance des compétences de préposés en entretien ménager en entreprises adaptées. Cette seconde phase vise à permettre à davantage de travailleurs et d’entreprises de bénéficier de l’approche développée dans ce domaine par le CAMO et ses partenaires au cours des deux dernières années voir le bilan de cette première phase dans le bulletin de mars 2011). L’objectif du CAMO pour la 2e phase est d’évaluer et de reconnaître les compétences de 250 préposés en entretien ménager dans diverses entreprises adaptées au Québec.
Démarches réalisées
Dans un premier temps, afin de présenter le projet aux diverses entreprises adaptées susceptibles de participer à la 2e phase, le CAMO a réalisé en juin dernier une vidéo promotionnelle du projet. Cette vidéo, disponible sur la page d’accueil du www.camo.qc.c, réunit les témoignages de travailleurs et de gestionnaires des deux entreprises adaptées ayant participé à la phase 1 du projet : ARTB et Le Sextant. Les différents témoignages présentent les avantages pour les entreprises et les travailleurs de procéder à l’évaluation et à la certification des compétences ainsi que les retombées positives qui en découlent.
Ces efforts de promotion portent fruit : en plus des deux entreprises qui ont participé à la première phase et qui désirent poursuivent le projet afin d’évaluer et de certifier un plus grand nombre de leurs travailleurs, trois autres entreprises adaptées ont accepté de participer au projet. Au moment d’écrire ces lignes, il est assuré que la 2e phase du projet permettra à environ 150 travailleurs de bénéficier de l’évaluation et de la reconnaissance de leurs compétences. Le CAMO poursuit cependant ses démarches de promotion afin de convaincre davantage d’entreprises de participer au projet et ainsi atteindre son objectif qui est d’évaluer et de certifier 250 travailleurs.
Pour mener à bien le projet, le CAMO s’est associé à l’Académie du CQEA, la mutuelle de formation du Conseil québécois des entreprises adaptées. En plus de promouvoir le projet auprès des entreprises adaptées, l’Académie a le mandat de former le personnel des entreprises adaptées qui procèdera aux évaluations des compétences des travailleurs. L’Académie a également le rôle d’émettre une certification aux travailleurs évalués

Les Ateliers Léopold-Desrosiers participent au projet.
De gauche à droite :
Suzanne Marceau, contremaîtresse,
Mathieu Béland, contremaître,
Lucie Lapointe, directrice générale.
Cette certification « maison » peut être doublée d’une certification ministérielle dans l’exercice d’un métier semi-spécialisé. À cet égard, la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin et la Commission scolaire de Montréal sont également associées au projet afin de procéder aux inscriptions et aux évaluations des travailleurs admissibles. Ces derniers pourront, s’ils complètent avec succès le processus, obtenir une certification officielle du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
Enfin, rappelons que cette deuxième phase permettra aussi de s’assurer que les outils et les procédures développés lors de la première phase pourront convenir à plusieurs profils de travailleurs (handicap, scolarité, etc.) et aux différentes réalités des entreprises adaptées. Le projet identifiera aussi les différentes façons dont les entreprises pourront s’approprier ces outils et ces procédures afin d’évaluer de manière plus autonome les compétences de leurs travailleurs.
Frank Bouchard, conseiller

En juin dernier, les membres du comité organisateur5 de la 4e Journée Contact employeurs/personnes handicapées se réunissaient pour faire le bilan de la dernière édition qui avait lieu le 7 avril dernier.
Heureux du succès de la Journée Contact qui a réuni plus de 900 chercheurs d’emploi et 34 employeurs, les membres du comité se posaient la question suivante : comment faire en sorte que le lien privilégié que le CAMO a créé avec un grand nombre de chercheurs d’emploi, par le biais de la Journée Contact, soit maximisé tout au long de l’année et non seulement une fois par année avec le salon de l’emploi? D’autant plus que le CAMO peut compter sur l’engagement des membres du Réseau des entreprises pour l’intégration des personnes handicapées pour proposer des activités et des postes intéressants aux nombreux chercheurs d’emploi.

Résultat : en plus de travailler à un prochain salon de l’emploi dont la formule et la date restent à déterminer, le CAMO proposera au cours de la prochaine année la Série Contacts, des activités thématiques en lien avec différents secteurs d’emploi. Ces activités seront variées, allant de la présentation des différents postes disponibles chez un employeur donné, présentation suivie d’entrevues, à la rencontre d’information portant sur un secteur d’emploi et regroupant plusieurs employeurs. Plus intimes, ces rencontres se feront dans les locaux du CAMO ou chez l’employeur, favorisant ainsi de meilleurs échanges entre employeurs et chercheurs d’emploi. De plus, étant donné le nombre limité de places, les invitations seront davantage ciblées en fonction des champs d’études et des intérêts des chercheurs d’emploi.

L'équipe de RBC :
Sabrina Strzelecki, Nathalie Guilbert,
Daniel Campbell et Lidia Pagano.
Question de briser la glace, une première activité de la Série Contacts avait lieu le 10 novembre dernier avec RBC. La soirée a permis à 16 chercheurs d’emploi d’avoir un contact privilégié avec l’employeur, de connaître les différents postes d’entrée de l’organisation, d’avoir des exemples de progression au sein de l’entreprise, etc. Des recruteurs étaient également sur place pour réaliser une première entrevue avec les chercheurs d’emploi qui le désiraient.
Les résultats de cette première expérience permettront de mieux définir la suite et le contenu des prochains événements.

La Série Contacts, des soirées à surveiller!
Éric Daigle
Conseiller - Information et communications

Fondé en 2007, le Réseau des entreprises pour l’intégration des personnes handicapées compte aujourd’hui 33 membres. Voici un bref résumé des principaux thèmes qui seront abordés en 2011-2012.
Première rencontre de l'année : les expériences de quelques membres à l'honneur
Le 5 octobre dernier, les entreprises ont adopté la programmation annuelle du Réseau et partagé les résultats d’initiatives récentes de trois membres : l’une de la Société de transport de Montréal, l’une de la Société des alcools du Québec et l’autre d’Hydro-Québec.

Monsieur Serge Fortin, gestionnaire corporatif - Diversité et coaching, de la Société de transport de Montréal, y faisait une présentation ayant pour thème La diversité au cœur de l’action afin de partager les actions récentes de la Direction Diversité et respect de la personne en lien avec l’intégration de travailleurs handicapés.
La mission de la Direction Diversité et respect de la personne est de faciliter l’adaptation des milieux de travail à la diversité, à la reconnaissance et à la connaissance des différences ainsi qu’au mieux-être professionnel et personnel. L’équipe Diversité et coaching, quant à elle, a le rôle de promouvoir un milieu de travail inclusif dans le respect des valeurs de l’entreprise. L’action de cette direction se décline en quatre axes : sensibilisation, développement de compétences, accompagnement et vigie.

M. Serge Fortin
Parmi ses projets, la STM a le souci de travailler au développement des compétences de ses gestionnaires et de son personnel pour qu’ils se sentent de plus en plus à l’aise à évoluer dans un milieu qui se diversifie. À titre d’exemple, chaque situation qui requiert des mesures d’accommodement est une occasion de briser des barrières et de faire avancer la diversité au sein de l’organisation.
En plus des services d’accompagnement qu’elle offre, l’équipe Diversité et coaching a mis sur pied un groupe de développement professionnel avec ses gestionnaires afin que ces derniers puissent échanger et partager leurs préoccupations et leur expertise. « Dans le domaine, il nous apparaît important de développer un réseau de gestionnaires pour arriver à trouver les meilleures solutions. » mentionne M. Serge Fortin.
Mesdames Magali Cartier et Louise Desjardins, conseillères - Acquisition de talents à la Société des alcools du Québec, sont venues, quant à elles, présenter le bilan du Programme d’emploi d’été pour étudiants universitaires en situation de handicap. Cette initiative a permis à cinq étudiants universitaires d’occuper un emploi l’été dernier. Pour en savoir plus sur ce programme, veuillez consulter le texte de mon collègue Éric Daigle " Programme d'emploi d'été de la SAQ " un peu plus loin dans ce numéro.

Mmes Magali Cartier et Louise Desjardins
Monsieur Jean-Marc Respaud, conseiller en développement organisationnel chez Hydro-Québec, est pour sa part venu exposer les paramètres d’un projet ayant pour but de se rapprocher des étudiants universitaires en situation de handicap en leur proposant des opportunités de stages dans le cadre de leur parcours académique. Pour ce faire, monsieur Respaud a établi un mécanisme de collaboration, de communication et de suivi avec monsieur Gilles Ouellet, conseiller à l’UQAM et vice-président de l’Association interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap.

M. Jean-Marc Respaud
Les autres séances de l'année
Le 16 novembre, le Réseau recevait monsieur Claude Charbonneau, directeur général de la Fondation Travail et Santé mentale et de la ressource Accès-Cible SMT. Il abordait lors de cette rencontre divers aspects liés au maintien en emploi et au retour au travail de personnes ayant ou ayant vécu un problème de santé mentale. Ce contenu visait à soutenir les gestionnaires dans leurs interventions.
Le 15 février 2012, la rencontre couvrira deux thèmes. Le premier abordera la question de l’organisation des services d’emploi et les paramètres des mesures financières gouvernementales. Le second portera sur la participation des syndicats aux projets d’équité en entreprise.
Le 28 avril 2012, les membres du Réseau seront de nouveau invités à partager leurs expériences et initiatives.
Finalement, le 13 juin 2012, la rencontre permettra de faire le bilan de l’année et de décider des orientations et activités de l’année 2012-2013.
Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère
Le conseil d’administration et toute l’équipe du CAMO pour personnes handicapées félicitent une de ses administratrices, madame Pauline Ladouceur, conseillère à la Fédération des syndicats de l’enseignement pour les élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, récipiendaire du prestigieux Prix de l’éducation Albert Shanker. Ce prix décerné lors du 6e Congrès de l’Internationale de l’Éducation lui a été remis en juillet dernier au Cap en Afrique du Sud.

Mme Pauline Ladouceur
Photo Bea Uhart
Le Prix de l’éducation Albert Shanker est remis tous les quatre ans à un membre du corps professoral en reconnaissance d’une contribution personnelle remarquable à l’éducation. L’activité professionnelle de la personne lauréate doit refléter un engagement envers l’excellence de l’éducation et encourager le développement de la démocratie, de la justice sociale et de l’égalité des chances.
L'Internationale de l'Éducation est la Fédération mondiale de syndicats d'enseignants représentant 30 millions d'enseignantes et d’enseignants et autres personnels de l'éducation, par le biais de 402 organisations membres réparties dans 173 pays et territoires.
Elle vise à promouvoir la paix, la démocratie, la justice sociale et l’égalité par le biais du développement de l’éducation et en utilisant la force collective des enseignantes et enseignants et des travailleuses et travailleurs de l’éducation. Elle s’emploie à améliorer les conditions de travail des enseignants et des travailleurs de l’éducation en plus de promouvoir leur statut professionnel au plan international.
Madame Ladouceur est la première Canadienne à recevoir ce prix. Le CAMO est heureux de souligner cette reconnaissance internationale qui témoigne de son engagement.
Bravo !
Pauline Ladouceur - Personnalité de la semaine La Presse et Radio-Canada (25 juillet 2011)

En mars 2011, la Société des alcools du Québec (SAQ) était en pleine période de promotion et de recrutement pour un tout nouveau projet : son Programme d’emploi d’été pour étudiants universitaires en situation de handicap. Membre du Réseau des entreprises pour l’intégration des personnes handicapées, la SAQ présentait son projet aux autres membres du Réseau le 5 octobre dernier.
Historique du projet
À chaque période estivale, la SAQ doit combler plusieurs postes temporaires au sein de l’organisation. Pour une première fois cette année, la SAQ a décidé de réserver six de ces postes, des emplois d’une durée de 12 semaines, pour des étudiants de niveau universitaire ayant des limitations fonctionnelles. Les objectifs étaient simples. En plus d’encourager les jeunes étudiants ayant un handicap à poursuivre leurs études, à acquérir des expériences de travail dans un domaine lié à leurs intérêts et ainsi faciliter leur intégration professionnelle, le projet permettait à la SAQ de combler une partie de ses besoins de main-d’œuvre pour l’été et de créer un bassin de candidats éventuels pour l’organisation.

Mme Magali Cartier
Pour les six postes réservés, la SAQ tenait à ce qu’ils se retrouvent dans ses différents secteurs corporatifs (centres administratifs) afin de créer un maximum d’impact en ce qui a trait à la sensibilisation et à l’intégration des personnes handicapées au sein de l’organisation et des différentes équipes. Les postes disponibles se situaient dans l’un ou l’autre des secteurs suivants : exploitation et réseaux des ventes, commercialisation, logistique et distribution, finances, ressources informationnelles, ressources humaines, affaires publiques et communications.
Recrutement des candidats
Le recrutement des candidats qui devaient respecter certains critères d’admissibilité (détenir un diplôme d’études collégiales, poursuivre des études universitaires, etc.) a été réalisé grâce à la collaboration de l’Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap et du CAMO, du 28 février au 18 mars. En trois semaines seulement, 18 candidats ont posé leur candidature pour participer au programme. De ces derniers, six candidats ayant le profil de compétences pour les postes offerts et respectant les critères d’admissibilité du programme ont été rencontrés en entrevue. Des six candidats, cinq ont été retenus et ont obtenu un emploi de 12 semaines, du 6 juin au 26 août, à la SAQ.
Mesures d'accommodement
Les limitations des différents candidats étaient variées (trois avaient une limitation physique, un des troubles de l’apprentissage et un autre des troubles du langage et de la parole). Bien que sensibilisée à d’éventuels besoins d’adaptation, la seule mesure d’accommodement que l’équipe responsable du projet a dû mettre en place a été l’installation d’un logiciel de grossissement sur un système informatique.

Mme Louise Desjardins
Appréciation du programme
Les cinq employés ont énormément apprécié l’expérience tout comme les gestionnaires et les équipes de travail.
Du côté des gestionnaires de la SAQ, en plus de reconnaître et apprécier les compétences des différents candidats, le programme leur a permis d’être davantage sensibles à la différence. Le succès et les avantages de l’expérience font en sorte que toutes et tous souhaitent que l’expérience soit répétée l’an prochain.
Du côté des candidats, tous ont apprécié l’accueil et l’intégration au sein des équipes de travail. De plus, les descriptifs de poste de chacun, bien que représentant un défi important, correspondaient à leurs intérêts et à leurs qualifications. À la fin du programme, chacun des employés a signifié son intérêt à travailler à la SAQ à la fin de ses études. Un des employés s’est même proposé pour travailler à temps partiel pour l’organisation pendant ses études.
Clés de succès
Les conseillères en acquisition de talents de la SAQ en charge du projet, Mmes Louise Desjardins et Magali Cartier, sont heureuses du succès de cette première édition du Programme d’emploi d’été pour étudiants universitaires en situation de handicap. Pour elles, le succès du programme repose sur plusieurs facteurs : l’engagement et l’adhésion de la direction au projet, le positionnement de la diversité comme valeur de la Société, la mise en œuvre d’une stratégie de gestion du changement au sein de l’organisation et la prise en charge par les différentes divisions de l’organisation qui ont participé au projet.
Éric Daigle
Conseiller - Information et communications

Les marchés d’alimentation sont en constante recherche de personnel qualifié. Afin de répondre à ce besoin et d’offrir aux personnes handicapées l’occasion de trouver des emplois dans ce secteur, le Centre Champagnat de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et le Centre de formation de l’alimentation et du commerce du Québec (CFACQ) se sont associés afin de mettre sur pied une formation qualifiante dans ce domaine. Cette formation devrait débuter en février 2012 et permettre aux personnes d’acquérir les compétences nécessaires pour travailler comme aide général en épicerie. En plus du Centre Champagnat et du CFACQ, le projet bénéficie de la collaboration d’Emploi-Québec Montréal, de SPHERE-Québec et du CAMO pour personnes handicapées.
Ce projet de formation s’inspire de celui mis sur pied en Estrie par le service spécialisé de main-d’œuvre Trav-Action de Sherbrooke. En place depuis quelques années, le projet a permis de former plusieurs dizaines de personnes handicapées en combinant formation traditionnelle en classe dans un centre de formation professionnelle et apprentissage en milieu de travail dans plusieurs marchés d’alimentation de l’Estrie6.

De gauche à droite :
Isabelle Gavard de SPHERE-Québec,
Chantal Gamelin du Centre Champagnat,
Frank Bouchard du CAMO,
Myriam Denis du CFACQ,
Sylvain Lachaîne et Nathalie Laflamme du Centre Champagnat.
Pour Montréal, les promoteurs du projet reprennent sensiblement la même formule. Les participants auront en premier lieu une formation théorique et pratique en classe dans les locaux du CFACQ qui dispose d’équipements et d’espaces de travail similaires à ceux que l’on retrouve en épicerie. Ces apprentissages se poursuivront lors d’un stage dans des marchés d’alimentation où les participants pourront mettre en pratique et perfectionner les notions vues en classe. À ces apprentissages pratiques s’ajouteront l’apprentissage de notions plus générales (communication en milieu de travail, travail en équipe, service à la clientèle, etc.) qui permettront aux participants de mieux s’intégrer en emploi.
L’objectif du projet est de recruter 15 à 18 personnes handicapées. Le recrutement est en cours et des séances d’information sont prévues. Pour plus d’information, il suffit de contacter Mme Nathalie Laflamme du Centre Champagnat au 514 332-2545, poste 2148 ou au laflammen@csdm.qc.ca.
Frank Bouchard, conseiller

Karine Desroches
Technicienne juridique
Printemps 2011, Karine Desroches termine ses études en techniques juridiques au Collège Ahunstic. Le 7 avril, lors de la Journée Contact, Karine rencontre une des représentantes de la Société québécoise d’information juridique (SOQIJ). Impressionnée par le parcours, les compétences et la personnalité de Karine, la représentante trouvait dommage de ne pas pouvoir lui proposer un poste correspondant à son profil au sein de l’organisation. Fin avril, revirement de situation, la représentante contacte Karine pour lui proposer… un stage de six semaines à la SOQIJ.

Karine Desroches
En effet, après avoir planifié les tâches d’un éventuel stage et avoir dégagé un budget pour ce dernier, la SOQIJ proposait à Karine un stage rémunéré de six semaines, du 12 septembre au 21 octobre dernier, afin qu’elle puisse acquérir de nouvelles expériences de travail et ainsi faciliter son intégration au marché du travail. Pour Karine, ce fut une très belle expérience. Dès le début, avec l’annonce de son arrivée et de son rôle sur l’intranet de l’organisation, elle sait qu’elle fait partie de l’équipe. « Tout le monde savait qui j’étais à mon arrivée et me saluait!». Aussi, la diversité des tâches dans les différents départements (rédaction, mise à jour des bases de données, recherche, etc.) ont fait en sorte que le stage a passé très vite et a permis à Karine de réaliser différentes expériences de travail. Les études et les stages terminés, Karine est maintenant en recherche active d’emploi… À qui la chance?
Dernière heure! L’échange téléphonique avec Karine en prévision de ce court texte se déroulait le 25 octobre dernier. Le même jour, Karine apprenait qu’elle venait d’obtenir le poste de technicienne juridique dans une organisation syndicale.
Félicitations Karine!
Nadia Loukili
Stagiaire analyste des activités
Avec un certificat en administration en poche, un certificat en commerce international aux HEC sur le point d’être complété et un certificat en sciences comptables à l’UQÀM qui débute, le baccalauréat par cumul de Nadia Loukili avance bon train!
En mai dernier, abonnée à la liste de diffusion du CAMO à la suite de sa participation à la Journée Contact, Nadia reçoit par courriel l’affichage de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) qui propose deux postes d’agent d’administration. D’une durée de six mois (août 2011 à février 2012), les postes proposent différents mandats dans deux secteurs de l’organisation. Auxiliaire d’enseignement à l’université, Nadia décide de tenter sa chance et de postuler, désirant découvrir de nouveaux secteurs et faire de nouvelles expériences sur le marché du travail: « J’ai fait une bonne entrevue je pense. Je n’étais pas nerveuse. Ayant vécu plusieurs entrevues qui n’ont pas donné les résultats escomptés, j’étais décidée à donner mon maximum sans avoir d’attentes ou quoi que ce soit de ce genre. J’ai eu le poste dans le secteur d’analyse d’affaires! »

Nadia Loukili
Le secteur d’analyse d’affaires fait en quelque sorte le lien entre les besoins de l’organisation et les technologies de l’information (TI) afin d’évaluer et de trouver des solutions, souvent technologiques, à des besoins précis comme celui de rendre accessible l’information à l’ensemble des services et secteurs.
Nadia est ravie de se retrouver à la SCHL. Son arrivée dans l’équipe de travail a été facile et son secteur d’activités lui permet non seulement de mettre en pratique ses compétences et son expérience en lien avec l’administration, le milieu des affaires et les sciences comptables mais aussi de faire de nouveaux apprentissages en ce qui a trait à la gestion d’une organisation et des TI. « C’est vraiment important d’avoir une vue d’ensemble de tous les secteurs d’une organisation. Ce poste me permet de mettre en pratique et de développer cet aspect, aspect qui me sera très utile lors d’un futur emploi, ici ou ailleurs, que ce soit en gestion comptable ou autre. »
Et l’après SCHL? Son contrat se terminant en février prochain, Nadia pourra alors se remettre en recherche active d’emploi, en sachant qu’elle peut postuler sur les affichages internes de la SCHL si un poste l’intéresse. Elle pourra aussi compléter ses certificats et obtenir son baccalauréat. Nadia Loukili, un parcours à suivre!
Ousmane Thiendella Fall
Agent d'administration
Également abonné à la liste de diffusion du CAMO à la suite de sa participation à la Journée Contact, monsieur Ousmane Thiendella Fall a pris connaissance de l’affichage de postes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Tout en mettant la touche finale à son mémoire pour obtenir sa maîtrise en sciences de l’éducation, monsieur Fall soumet sa candidature pour le poste d’agent d’administration. Les démarches sont fructueuses et il obtient l’emploi d’une durée de six mois à la SCHL, au Centre des Collectivités, secteur Recherche et diffusion de l’information.

Ousmane Thiendella Fall
L’intégration de monsieur Fall au sein de l’équipe a été des plus faciles. Les tâches de monsieur Fall touchent à la recherche et à la diffusion de l’information par le biais d’un projet bien précis : la mise sur pied d’une stratégie d’information en matière de logement pour les nouveaux arrivants. Il s’agit, entre autres, d’échanger avec les organismes communautaires desservant cette clientèle afin de bien connaître les nouveaux arrivants, leurs besoins et, par la suite, leur présenter les produits et services de la SCHL en lien avec les différentes manières d’accéder au logement. Il s’agit aussi de s’assurer que les produits et services répondent aux besoins de la clientèle. Le cas échéant, il est possible de faire des recommandations afin d’améliorer les produits.
Monsieur Fall est très heureux de son expérience au sein de la SCHL, d’autant plus qu’il s’agit de son deuxième emploi depuis son arrivée au Québec en juin 2010. Pour l’après SCHL, toutes les options sont possibles : que ce soit le milieu de l’éducation, celui de la gestion, ou encore le milieu communautaire, l’essentiel pour lui est de mettre en pratique ses compétences et de relever de nouveaux défis.
Éric Daigle
Conseiller - Information et communications
Une section pour les jeunes ayant des besoins particuliers sur le site L'espace virtuel pour les parents/Pour mieux accompagner votre jeune dans son orientation scolaire et professionnelle
L’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (OCCOQ) a procédé en octobre dernier à la mise en ligne de L’Espace virtuel pour les parents (www.choixavenir.ca/parents), un tout nouveau site conçu spécialement pour répondre clairement et concrètement aux préoccupations des parents, une initiative à laquelle s’est associée la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ). Trait distinctif : absolument tout le contenu de ce site a été pensé en fonction des besoins exprimés par les parents. Le résultat est un outil très complet leur permettant de mieux accompagner leurs jeunes tout au long de leur cheminement au secondaire, année par année.
Simple, direct, facile d’utilisation, le site a été conçu pour devenir l’allié des parents. Aucun jargon, que des termes simples de tous les jours et que des réponses très concrètes aux questions les plus fréquentes! Comme il y a des problématiques propres à chaque âge et des choix à faire tout au long du cheminement, le contenu du site a été développé pour chaque niveau d’étude, année par année (1re secondaire à 5e secondaire). On y traite même de la transition entre le primaire et le secondaire et entre le secondaire et les études postsecondaires.
Le site comprend aussi une section intitulée Mon jeune a des besoins particuliers pour tous les parents de jeunes présentant des difficultés spécifiques. Cette section contient de nombreuses rubriques avec, entre autres, Les services dont peut bénéficier votre jeune, Les parcours spécialisés, La transition de l’école vers la vie active, etc.
Source : Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec.

Vidéo Demain, le Web sera plus humain
En octobre dernier, Catherine Roy, directrice générale du Centre de recherche et d’expérimentation sur l’inclusion numérique (CREIN) agissait à titre de conférencière au Web in à Montréal. Elle présentait la vidéo Demain, le Web sera plus humain, vidéo donnant la parole à quelques personnes handicapées qui témoignent de l’importance de l’accessibilité du Web dans leur vie…
Extrait de la présentation de Catherine Roy :
…« aujourd’hui, je vais mettre de côté ces propos d’experts qu’on finit souvent par ne plus entendre et je vais vous inviter à écouter. À écouter des membres de ma communauté vous dire pourquoi l’inclusion numérique n’est pas optionnelle pour une société comme la nôtre, qui se veut ouverte, tolérante et juste. »
La présentation de Catherine Roy est disponible sur le site Web in au www.webin.ca/wbconference/coming-soon-6/.
La vidéo Demain, le Web sera plus humain est disponible à l’adresse suivante :
Version avec sous-titres - www.youtube.com/watch?v=O2oFfNhhmj8.
Version audio descriptive - www.youtube.com/watch?v=3I1fFiDR3Yc.





Institut de la statistique du Québec (2010), Vivre avec une incapacité au Québec, p.213. (retour note 1)
Conseil supérieur de l'éducation (2010), Rapport sur l'état et les besoins de l'éducation, 2008-2010, p.105. (retour note 2)
Institut de la statistique du Québec (2010), Vivre avec une incapacité au Québec, p.209. (retour note 3)
Emploi-Québec (2009), Le marché du travail du Québec : perspectives à long terme 2009-2018, p.8-9. (retour note 4)
Le comité organisateur de la 4e Journée Contact est formé de représentants du Réseau des entreprises pour l'intégration des personnes handicapées, du Regroupement des organismes de services spécialisés pour l'emploi des personnes handicapées (ROSEPH), du Comité Action Personnes Handicapées Intégration Travail (ÇAPHIT) et du Groupe relais Cégeps et Universités du CAMO représenté par l'Université du Québec à Montréal.(retour note 5)
Présentation de Trav-Action lors du colloque Créer ensemble : un gage d'avenir organisé par SPHERE-Québec en 2010, (p. 8) : www.sphere-qc.ca/fr/Colloque-2010_Actes/. (retour note 6)

La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées.
Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.