



Depuis près d'un an, un peu partout au Québec, les partenaires régionaux du marché du travail, concernés par la situation des personnes handicapées, développent une vision et des stratégies communes qu'ils inscrivent dans leur plan d'action régional. Les acteurs réunis aux tables régionales de concertation dédiées à la question de l'accès à l'emploi et à la formation des personnes handicapées proviennent d'associations et de regroupements d'associations de personnes handicapées, des Services spécialisés de main-d'oeuvre, de l'Office des personnes handicapées du Québec, d'Emploi-Québec, des Centres de travail adapté, d'organismes communautaires, d'entreprises d'économie sociale, des Centres de réadaptation, du milieu scolaire (Commissions scolaires et Ministère de l'Éducation), de la Direction des ressources humaines Canada, du Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre pour personnes handicapées (Fonds d'intégration), de la Régie régionale de la santé et des services sociaux, du milieu du développement économique (CRD, MIC), du milieu patronal et syndical, de la Société d'assurance automobile du Québec et de la Commission de la santé et de la sécurité au travail.
La composition et le fonctionnement des tables varient d'une région à l'autre. Quant à la présidence ou, si l'on préfère, quant à la responsabilité de convoquer les réunions, d'en faire le suivi et d'être le pôle d'information au sujet des activités de la table, le choix du partenaire désigné diffère d'une région à l'autre. Dans la plupart des régions, soit dans dix d'entre elles, c'est un représentant ou une représentante de l'Office des personnes handicapées du Québec qui coordonne les travaux. Rappelons que ces instances ont pris naissance, dans la plupart des cas, grâce à l'initiative de l'Office des personnes handicapées du Québec. Dans deux régions, la personne responsable de la table est issue du milieu associatif, plus particulièrement du regroupement régional des associations de personnes handicapées. Dans une des régions, c'est la représentante des Services spécialisés de main-d'oeuvre qui occupe la présidence, et dans une autre, ce rôle revient à un représentant d'Emploi-Québec. Finalement, dans deux régions, la présidence de la table est partagée, dans un premier cas, entre l'Office des personnes handicapées et Emploi-Québec, et, dans un second cas, entre l'Office des personnes handicapées et le regroupement régional des associations de personnes handicapées.
Il faut aussi souligner que chacune des tables a son propre cheminement, sa propre histoire et que des dynamiques variées s'y sont développées pour répondre à un contexte social, géographique et économique particulier à la région.
En 1998, chacune de ces régions s'est vu offrir la possibilité de commander une analyse diagnostique de l'état de la situation relative à l'intégration au travail des personnes handicapées sur leur territoire. Ces analyses ont été financées par le Fonds d'intégration au travail des personnes handicapées, du Ministère du Développement des ressources humaines Canada, géré au Québec par le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre pour personnes handicapées (CAMO). Les agents de projets du Fonds ont apporté leur soutien à cette démarche. À partir des données recueillies et des conclusions de ces diagnostics, la plupart des régions ont mis en branle un processus de définition et de planification de leurs activités pour les années à venir.
En novembre 1998, Le Fonds d'intégration, géré par le CAMO, a offert aux membres des tables la possibilité de faire appel aux services d'une personne-ressource, afin de les aider à définir quel cheminement serait le plus adéquat pour élaborer leur plan d'action régional. Le mandat de cette personne est de les accompagner tout au long de ce processus jusqu'à la rédaction finale du document.
Onze régions ont fait appel à ces services, soit la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Bas-St-Laurent, la Côte-Nord, le Centre-du-Québec, la région de Chaudière-Appalaches, celles de Lanaudière, de Laval, de la Montérégie, des Laurentides, de l'Abitibi-Témiscamingue et celle de l'Outaouais.
Jusqu'à présent, trois Tables de concertation ont mis le point final à leur plan d'action avec l'aide de cette personne, soit la région de Lanaudière, celle de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et celle de la Côte-Nord. Au cours de l'automne, trois régions rejoindront les rangs : le Bas-St-Laurent, le Centre-du-Québec et la région de Laval. Quant aux autres régions dont il est question, la date de finalisation des travaux n'est pas encore fixée.
Dans ce processus, les partenaires régionaux sont entièrement maîtres de leurs décisions et l'approche préconisée par la personne-ressource est de se coller le plus possible à leurs intentions. Ainsi, cette opération révèle diverses façons de procéder et alimente en définitive tous les partenaires d'une région à l'autre. Au-delà du processus, elle indique aussi des manières de faire et des projets dont toutes les régions pourront éventuellement tirer profit.
Il importe de signaler que, bien qu'elles n'avaient pas fait appel aux services de la personne-ressource du CAMO, d'autres régions, dont il n'est pas ici fait mention, ont travaillé à l'élaboration de leur plan d'action.
Certaines problématiques se retrouvent dans la ligne de mire de plusieurs régions. Ainsi, la préoccupation de faire en sorte que les personnes handicapées aient accès à une formation réellement qualifiante et que celle-ci leur permette de faire le pont vers le marché du travail constitue une constante, peu importe la région. Sont également inscrits à l'ordre des priorités la question du cheminement vers l'emploi des individus et l'harmonisation des services, mesures et programmes.
Des activités sont aussi développées dans le but de percer le marché du travail avec plus d'efficacité, soit en adoptant une approche particulière auprès des employeurs, soit en participant à l'effort régional de création d'emplois. Dans la plupart des régions, la question du transport demeure un enjeu crucial et des stratégies ont été élaborées à ce sujet.
Les membres des Tables de concertation régionales ont profité de cette opération pour installer des mécanismes visant à intégrer de nouveaux partenaires. Plusieurs d'entre eux se questionnent au sujet de leur influence au plan local, tout en conservant une vision régionale de leur développement. Jusqu'à présent, trois Tables de concertation optent pour une planification de leurs activités qui s'appuie sur les orientations qui se seront dessinées aux tables locales ou sous-régionales.
Finalement, cette opération a le mérite d'établir de réels consensus et un plan de travail auquel tous les partenaires régionaux présents adhèrent. Elle permet de faire le focus sur certains problèmes, d'établir des priorités d'action et d'avoir une vision à long terme du développement. C'est l'occasion de voir quel chemin il est possible et préférable d'emprunter pour arriver à nos fins et de déterminer les moyens d'obtenir des résultats, l'un après l'autre, dans une séquence logique d'activités. Le tout se termine sur l'indispensable " qui fait quoi? " et " quand? ".
Cette opération s'appuie sur une forte volonté d'agir, d'apporter des solutions concrètes et met en lumière l'ouverture des partenaires à l'innovation. C'est le moment de cerner les messages à envoyer, les acteurs à sensibiliser, les actions à proposer. Bref, c'est un pied de nez à la morosité.

La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées.
Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.