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Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées - Mars 2003
Le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées, dans le cadre de la Semaine québécoise des adultes en formation (www.semaine.icea.qc.ca), organisait le 29 octobre 2002 une rencontre de discussions et d'échanges pour tenter de cerner les enjeux liés à l'utilisation du eLearning* dans la formation des personnes handicapées. De prime abord, le eLearning semble une solution attrayante pour favoriser la formation (continue ou de base) des personnes ayant des limitations fonctionnelles : disparition des horaires fixes pouvant être contraignants, absence de barrières architecturales, élimination du besoin de transport adapté, par exemple.
* Technocompétences, dans son document Guide pratique de l'apprentissage virtuel en entreprise, définit ainsi l'apprentissage virtuel ou le eLearning : « Mode d'apprentissage basé sur l'utilisation des nouvelles technologies, permettant l'accès à des formations en ligne, interactives et parfois personnalisées, diffusées par l'intermédiaire d'Internet, d'intranet ou un autre média électronique, afin de développer les compétences, tout en rendant le processus d'apprentissage indépendant de l'heure et de l'endroit. »
Mais qu'en est-il réellement? Est-ce une approche valable? Y a-t-il un risque que l'apprentissage virtuel mène à l'abandon de l'intégration scolaire? L'adaptation de la technologie pour rendre accessibles les programmes est-elle prise en considération par les concepteurs de programmes éducatifs virtuels? L'utilisation, de plus en plus répandue, de l'apprentissage virtuel dans les entreprises compliquera-t-elle encore plus la mobilité professionnelle et le maintien en emploi des personnes handicapées?
La cinquantaine de personnes présentes a pu débattre (voir le résumé des échanges) de ces questions (et de bien d'autres!) et des enjeux liés au eLearning avec les cinq panélistes invités pour l'occasion, soit :
L'apprentissage ou la formation qui est conçue, diffusée ou gérée en utilisant des moyens technologiques (Masie)
De 1999 à 2001, la taille du marché non institutionnel a pratiquement triplé pour atteindre 6,4 milliards $US.
De 1999 à 2004, le taux annuel moyen de croissance prévu (IDC) pour l'industrie mondiale dans le domaine non institutionnel devrait être de près de 70 %, pour atteindre près de 25 milliards $US (source : IDC).
Le marché institutionnel mondial (enseignement primaire à l'université) représente un potentiel supérieur, de l'ordre de 27 milliards $ US en 2005 selon le Groupe Giga.
| Entreprises | Primaire / Secondaire | Collège / Université | |
|---|---|---|---|
| 2001 | 3,5 milliards $ | 1,5 milliards $ | 2 milliards $ |
| 2003 | 7 milliards $ | 6 milliards $ | 7 milliards $ |
| 2005 | 21 milliards $ | 12 milliards $ | 15 milliards $ |
| États-Unis | 62 % |
|---|---|
| Europe de l'Ouest | 19 % |
| Japon | 10 % |
| Amérique Latine | 4 % |
| Canada | 3 % |
| Asie/Pacifique | 2 % |
| Entreprises | 44 % |
|---|---|
| Enseignement primaire/secondaire | 17 % |
| Collège/Université | 15 % |
| Recrutement/embauche | 8 % |
| Gouvernement | 6 % |
| Formation métiers | 4 % |
| Consommateurs | 2 % |
| Associations | 1 % |
| Autres | 3 % |
Il faut noter le rôle du gouvernement dans le développement du marché intérieur américain.
Plus de technologies, moins de classes
Le marché canadien du eLearning devrait connaître une croissance annuelle de plus de 54 % d'ici 2005. Le eLearning représentera en 2005 près de 40 % du marché canadien de la formation.
| 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Formation en classe | 74 % | 71 % | 66 % | 61 % | 56 % | 51 % | 46 % |
| eLearning | 6 % | 9 % | 12 % | 18 % | 25 % | 32 % | 39 % |
| Autres Médias* | 20 % | 21 % | 21 % | 21 % | 19 % | 17 % | 15 % |
*Les autres médias incluent les CD-ROM, satellites et vidéos et vidéoconférences.
Le marché des contenus sera le marché à valeur ajoutée pour le Canada et le Québec. Notre présence dans le marché de la technologie sera relativement faible.
En 2005, pour un marché prévu de près de 1,3 milliards de dollars, 56 % sera constitué de contenus, 355 de services et seulement 9 % d'infrastructures technologiques.
De nombreuses firmes internationales sont présentes au Canada. Aucune n'a son siège social canadien au Québec.
Les principales sont :
| Plate-forme | Contenu | Consultation | |
|---|---|---|---|
| Acerra | X | X | |
| CDI-CES | X | X | |
| Click2Learn | X | X | |
| Docent | X | X | |
| GrayInteractive | X (Marketing) | ||
| HP Educatio | X | X | |
| IBM Mindspan | X | X | X |
| Mosaïc Technologies Corp. | X | X | |
| Pathlore | X | X | |
| PWC Learning Solutions | X | X | |
| SABA Software | X | X | |
| SmartForce | X | ||
| Sun Educational Services | X | X |
(Source : IDC, 2001)
*Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane, Chicoutimi, Trois-Rivières, Hull
Le chiffre d'affaires total des entreprises au Québec est estimé actuellement à 80 millions de dollars.
| Moins de 1 millions $ | 43 % |
|---|---|
| De 1 À 3 millions $ | 27 % |
| 3 à 5 millions $ | 5 % |
| 5 à 10 millions $ | 11 % |
| Plus de 10 millions $ | 14 % |
(Source : Enquête Secor 2002)
Selon les résultats de l'Enquête Secor (2002) :
| 0 à 10 employés | 56 % |
|---|---|
| 11 à 20 employés | 18 % |
| 21 à 30 employés | 9 % |
| 31 à 40 employés | 3 % |
| 41 à 50 employés | 6 % |
| Plus de 50 employés | 9 % |
Le déploiement est toutefois limité. Il s'agit surtout de transformation de cours existants et d'expérimentation de méthodes de collaboration.
Le présent document a comme objectif de présenter certaines initiatives dans le domaine du eLearning accessible, particulièrement au Canada. Ce sont de belles initiatives et il y aurait avantage à s'en inspirer pour élaborer des stratégies québécoises en matière de formation de base et continue pour les personnes handicapées. Les initiatives présentées ne constituent pas l'ensemble de tous les projets sur le eLearning et les personnes handicapées. Une liste plus détaillée de projets, comprenant également des ressources sur l'adaptation et l'accessibilité des TIC, a été préparée par le CAMO pour personnes handicapées et est également disponible sur le site Web de l'organisme ou sur demande pour une version papier.
Cette recherche, à laquelle étaient associés plusieurs partenaires canadiens, était coordonnée par le Adaptive Technology Resource Centre de l'Université de Toronto. Le projet proposait l'évaluation 14 didacticiels* par des utilisateurs ayant des incapacités (visuelle, auditive, motrice, trouble d'apprentissage) selon 3 niveaux :
* Learning Space, WebCT, Top Class, Virtual U, Web Course in a Box, Course Info, First Class, Norton Connect, Allaire Forum, Team Wave, WebBoard, Asymetrix, TookBook, Question Mark, PlaceWare (http://snow.utoronto.ca/initiatives/access_study/ inclusion.html).
Les objectifs généraux de cette recherche étaient :
L'étude émet plusieurs recommandations précises sur les obstacles rencontrés au point de vue technologique et du contenu. De façon plus générale, on recommande que :
L'étude confirme donc l'importance de solutions systémiques. Tout comme on inclut les considérations d'accessibilité dès la phase de conception dans la construction d'un édifice, on doit appliquer cette logique au niveau du Web afin d'assurer l'accès aux ressources en ligne.
Pour plus d'information : http://snow.utoronto.ca/initiatives/access_study/ inclusion.html
Ce projet, auquel est associée une dizaine de partenaires, est financé par Canarie et il est coordonné par le Canadian Learning Television, une nouvelle chaîne éducative nationale exploitant la télévision et le multimédia. Le Adaptive Technology Resource Centre de l'Université de Toronto est l'un des partenaires associés.
La transition à des réseaux à haut débit en matière de formation à distance préoccupe les organisations impliquées auprès des personnes handicapées. Certes, on estime que les mécanismes interactifs disponibles sur les réseaux à haut débit permettront aux apprenants de personnaliser la présentation du contenu éducatif (le rythme, l'ordre, les modalités, etc.) tout en offrant une expérience éducative riche et engageante. Toutefois, on reconnaît que cette transition représente un risque important : les développeurs de contenu perdent alors une motivation importante d'inclure des alternatives équivalentes en ce qui a trait au contenu multimédia.
Les objectifs du projet sont donc :
Les publics cibles incluent les personnes ayant une déficience visuelle, auditive, motrice ou ayant une difficulté d'apprentissage. À travers les travaux, on a mis une emphase sur la matière scientifique (mathématiques, chimie, physique, etc.) puisque, historiquement, ces matières posent plus de problèmes pour les personnes ayant une déficience visuelle, auditive ou un trouble d'apprentissage.
Le projet vise à développer :
En date du 31 août dernier, ces outils étaient en phase de révision et certains volets, dont celui du langage signé, seront davantage développés.
Pour plus d'information : http://www.barrierfree.ca/
Ce projet lancé en octobre 2002, regroupant une dizaine d'organismes canadiens, vise à mettre en place un service de référentiel (dépôt de données) qui répondra aux besoins individuels de l'apprenant. Le service sera implanté à travers le Canada par le biais d'un réseau de communautés d'apprentissage de divers secteurs.
Le but général est de desservir les individus qui nécessitent une approche centrée sur l'apprenant en exploitant les possibilités offertes par les réseaux à haut débit. On souhaite ainsi influencer les développeurs techniques et les instances responsables de spécifications internationales d'interopérabilité à adopter des approches plus inclusives en matière de e-learning.
Parmi les objectifs, mentionnons :
Pour plus d'information : http://www.barrierfree.ca/tile/index.htm
Cet organisme s'intéresse à la question de l'accès aux technologies de l'information et aux activités d'apprentissage virtuel depuis le début des années 1980. On y a mené plusieurs des premières études sur la question. Le Pr Norman Coombs, un pionnier dans le domaine, en est le directeur.
En plus de mener des activités de veille technologique et de diffuser de l'information auprès d'écoles primaires et secondaires, de collèges et d'universités, de bibliothèques et de milieux de travail, EASI offre plusieurs formations en matière d'accessibilité des technologies de l'information (design Web, e-learning, multimédia, troubles d'apprentissage et aides technologiques, etc.) ainsi que des services de consultation.
Pour plus d'information : http://www.rit.edu/~easi/index.htm
IMS Global est un organisme sans but lucratif soutenu par un consortium international. IMS développe des spécifications ouvertes en matière d'apprentissage virtuel. En juin 2002, il publiait la version 1.0 de son document technique en matière d'apprentissage virtuel accessible.
Les organismes ayant contribué à l'élaboration de ces spécifications provenaient de quatre pays : l'Australie, le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni. S'appuyant sur des normes ou directives reconnues au niveau international en matière d'accessibilité des TIC, le document aborde également certaines problématiques propres à l'apprentissage en ligne.
Il est souhaité que les ressources contenues dans ces spécifications soient largement diffusées et adoptées par les développeurs de plates-formes et les développeurs de contenus afin d'assurer aux personnes handicapées un meilleur accès au e-learning.
Pour plus d'information : http://www.imsproject.org/accessibility/index.cfm
Au Québec, nous commençons à peine à prendre conscience collectivement des enjeux liés à l'accessibilité des technologies de l'information et des communications ainsi que de l'impact majeur que cela peut avoir sur les conditions de vie des personnes handicapées.
La question de l'inclusion des personnes handicapées aux activités d'apprentissage virtuel est cruciale lorsque l'on constate que les développements dans le domaine du eLearning se succèdent rapidement et que les besoins des personnes handicapées à ce niveau sont très peu ou pas connus. De plus, les personnes handicapées accusent un retard important en matière de scolarisation et nous devons intervenir afin de prévenir des obstacles supplémentaires.
Les exemples illustrés dans cette présentation démontrent bien les possibilités et les solutions qui existent et la volonté des communautés de personnes handicapées à participer activement à l'élaboration de ces réponses. Nous devons puiser parmi ces ressources ainsi que développer des solutions qui répondront à certains besoins locaux, surtout en matière de langue.
Au cours de mes travaux de recherche pour cette conférence, j'ai trouvé une citation très intéressante. Cette citation dit que « pour les personnes sans incapacités, la technologie rend les choses plus faciles alors que pour les personnes handicapées, elle rend les choses [ou du moins, beaucoup de choses, carrément] possibles*. » Je pense qu'il est certainement vrai que les technologies de toute sorte ont joué un rôle important, parfois essentiel, en ce qui concerne le développement de l'autonomie des personnes handicapées.
Nous devons maintenant renverser cette situation et jouer un rôle plus actif dans le développement des technologies, c'est-à-dire ne pas laisser les technologies guider nos choix mais plutôt faire en sorte que nos choix et nos besoins influencent les technologies développées.
* « For people without disabilities, technology makes things convenient, for people with disabilities, it makes things possible. », Treviranus, J. Expanding the Digital Media in More Human Directions, 2000. On peut trouver la citation sur le site Web : www.barrierfree.ca/ .
Le Projet Adaptech (www.adaptech.org) consiste en une équipe de professeurs, d'étudiants et de consommateurs. Il mène diverses recherches sur l'utilisation des technologies informatiques, d'apprentissage et adaptatives par les étudiantes et étudiants handicapés dans les collèges et universités canadiens. Situé au Collège Dawson, le Projet Adaptech est subventionné par des fonds provinciaux et fédéraux. Un comité-conseil, impliqué, dynamique, bilingue et pancanadien guide l'équipe du projet dans son travail. Le but d'Adaptech est de fournir des informations empiriques afin de faciliter la prise de décisions et d'assurer que les politiques nouvelles ainsi que les logiciels et les équipements matériels (hardware) reflètent les besoins et les préoccupations de divers individus: des étudiants handicapés de niveau postsecondaire, des professeurs qui leur enseignent et des répondants locaux qui rendent les soutiens technologiques, adaptatifs et d'autres supports disponibles à la communauté de l'éducation supérieure.
Le projet Adaptech a mené plusieurs études depuis sa mise sur pied. Ces études se font en utilisant différents moyens : focus groups, entrevues structurées et semi-dirigées, envoi de questionnaires, étude d'archives, etc. Plus de 1000 personnes, autant des étudiants que des professionnels oeuvrant auprès des étudiants, ont participé à ces recherches et études.
AdaptCan (1999) : les étudiants handicapés de niveau postsecondaire et les technologies d'apprentissage informatiques (étude pancanadienne)
L'objectif de l'étude AdaptCan était d'avoir un vaste aperçu de la question des technologies informatiques et leur impact sur l'éducation des étudiants handicapés au niveau postsecondaire : obtenir les opinions sur les avantages et les désavantages de l'utilisation des technologies informatiques, les opinions respectives des étudiants handicapés et des répondants locaux sur les technologies informatiques et d'information : obtenir des données sur ce que les étudiants utilisent, possèdent et désirent au sujet des technologies, le type de technologies disponibles sur les campus de collèges et d'universités, la problématique des appuis financiers et plusieurs autres thématiques.
ITAC (2000) : étude québécoise complémentaire à AdaptCan
La différence avec AdaptCan est qu'ITAC cible exclusivement les politiques et les priorités du Québec, il se préoccupe uniquement des étudiants de cégeps et non de tous ceux qui poursuivent des études supérieures. Enfin, il s'intéresse aux opinions des répondants locaux et des personnes-ressources en plus de celles des étudiants.
DSSFocus (2001) : étude pancanadienne
L'objectif général de l'étude DSSFocus est d'obtenir un aperçu global des expériences relatives aux technologies informatiques et technologies informatiques adaptatives qu'ont les personnes qui fournissent des services aux étudiants ayant des incapacités inscrits à l'enseignement au niveau postsecondaire.
F&I (en cours) : technologies informatiques gratuites ou peu coûteuses
F & I (Free and Inexpensive) a comme objectif de pallier la problématique des prix élevés des logiciels et équipements matériels adaptatifs. F & I consistera en une liste de logiciels et d'équipements matériels alternatifs, gratuits et peu onéreux qui pourraient s'avérer utiles pour faire l'essai de technologies adaptées ou pour résoudre temporairement un problème.
Tendances dans l'utilisation des technologies
Pour assurer l'accès aux formations offertes sous forme de eLearning, il faudra prendre en considération les besoins d'adaptation pour :
Il y a un besoin pour un design universel et inclusif pour le eLearning.
D'entrée de jeux, les panélistes présents n'ont pu que constater, de façon unanime, le fait que les besoins des personnes handicapées ne sont d'aucune manière pris en considération dans le développement du eLearning au Québec, que ce soit dans le secteur de la formation à distance, dans celui de la formation continue des travailleurs ou au sein des entreprises qui développent des contenus et des plate-formes eLearning. Pourtant, comme on l'a vu, le eLearning se développe rapidement, que ce soit au Québec ou ailleurs. Il est donc important de donner rapidement un coup de barre et d'inclure la dimension « personne handicapée » dans les initiatives visant le développement du eLearning.
On signale que le eLearning peut offrir des opportunités intéressantes pour favoriser la formation des personnes handicapées par l'élimination de différentes contraintes, comme celle du transport adapté ou des horaires fixes de cours. Toutefois, il ne faut pas négliger pour autant l'importance de continuer à avoir des contacts directs avec des étudiants et des professeurs (intégration scolaire) pour démystifier la différence et favoriser, ultimement, l'insertion en emploi des personnes handicapées. Le eLearning doit être vu comme un choix possible et non comme «la» solution unique pour former les personnes handicapées.
On indique que l'utilisation de plus en plus importante du langage XML (Extensible Markup Language) pourrait s'avérer une solution favorisant une conception des plates-formes et contenus eLearning ayant un accès universel. Le XML est un format de programmation mondialement standardisé. Ce format est plus convivial car il permet de générer dynamiquement du contenu et de séparer ce contenu de la présentation. Il permet également de présenter les sections de différentes façons. Le World Wide Web Consortium (W3C), dans le cadre du Web Accessibility Initiative (WAI), a publié un document fournissant différentes directives permettant l'accessibilité des applications faites en XML. On peut le consulter au www.w3.org/TR/xag .
L'utilisation du XML dans des productions éducatives est déjà une réalité. Par exemple, certains produits destinés aux services publics d'éducation des adultes en Alberta sont en format XML. De plus, ils sont fournis par des entreprises montréalaises!
Au delà de la question du XML, on souligne l'importance de standardiser les contenus de eLearning. Il y a un mouvement mondial pour établir des standards. Les défis se situent surtout au niveau des développeurs de contenus qui doivent convaincre les producteurs d'utiliser les standards.
On souligne que le Québec accuse un retard lorsqu'il se compare aux États-Unis en ce qui a trait aux différentes formes de financement et d'investissement pour produire du matériel accessible et pour permettre aux apprenants (étudiants, travailleurs en formation, etc.) d'avoir accès à ce matériel.
Au niveau international, il y a un projet en marche avec la Banque mondiale pour pallier ce manque (Global Learning Network).
Pour ce qui est des subventions aux apprenants, on souligne qu'il serait pertinent de vérifier auprès du ministère de l'Éducation et d'Emploi-Québec (Sécurité du revenu et Centres locaux d'emplois) pour les formes de financement disponibles. Entre autres, la Loi favorisant le développement de la main-d'oeuvre (ou loi 90 ou loi du 1 %) permet d'avoir accès à des adaptations lors de formations. Le Fonds national de la main-d'oeuvre, créé dans le cadre de la loi 90, offre de plus, aux entreprises admissibles, du financement pour mettre sur pied des activités de formation. Le financement des adaptations nécessaires pour rendre accessibles les contenus eLearning pourrait se faire grâce à ce fonds.
Différentes organisations se penchent actuellement sur la question du développement du eLearning au Québec.
Ainsi, on indique qu'à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, un comité a été créé pour se pencher sur la question du eLearning. Le comité est préoccupé par les adaptations des formations.
Il reste cependant à définir qui sera responsable du développement du eLearning au Québec (formations accessibles entre autres).
Le comité de la CPMT doit, entre autres, définir les balises par la mise sur pied d'un cadre de référence. Il examine également la situation de l'offre et de la demande.
De son côté, M. Pilon indique que l'Alliance NumériQC, un organisme qui regroupe les entreprises oeuvrant dans le domaine du multimédia au Québec, a publié une étude sur la situation de l'industrie du eLearning au Québec Profil de l'industrie et de la main-d'oeuvre québécoise en eLearning. Un sommaire est disponible sur le site Web de l'organisme à l'adresse suivante :
www.numeriqc.ca/Francais/F_EtudeRapportRecherches/ ProfilMarche_elearning/F_Intro.shtm.
Cette étude a comme objectif d'offrir une vision plus claire de la composition et de la structuration de cette industrie.
Par ailleurs, le CEFRIO (Centre francophone d'informatisation des organisations) dresse présentement un portrait de la demande des formations (approche auprès des divers comités sectoriels de main-d'oeuvre).
Enfin, le ministère de l'Éducation du Québec (MÉQ) a créé un comité pour planifier la stratégie de la formation à distance. Toutefois, le MÉQ n'a pas encore mis le dossier spécifique du développement du eLearning à son agenda.
La question de l'accessibilité des modes d'apprentissages et de communications a fait l'objet de différentes législations aux États-Unis, au Canada et au Québec. D'abord Catherine Roy du CAMO pour personnes handicapées fait une brève description de l'ADA (Loi américaine sur l'accessibilité aux personnes handicapées dans divers domaines) et plus spécialement de la Section 508 de la Rehabilitation Act qui oblige le gouvernement à rendre accessibles tous les outils de communication incluant l'accès à l'informatique aux personnes handicapées.
Une telle loi n'existe pas au Canada, la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte des droits et libertés du Québec étant les seuls éléments législatifs sur lesquels on peut se baser pour la reconnaissance des besoins d'adaptation et d'accommodement, que ce soit dans le domaine des TIC ou dans n'importe quel autre domaine.
Les gouvernements fédéral et provincial n'ont donc aucune obligation à rendre leurs sites Web accessibles aux personnes handicapées. Toutefois, le gouvernement fédéral s'est engagé formellement à tenir compte des spécificités d'accessibilité dans la refonte de ses sites Web. L'Ontario s'est également engagé à le faire. De son côté, le gouvernement du Québec tarde à suivre cette voie. Le eLearning ayant recours, entre autres, à l'Internet comme outil de diffusion, on comprend l'importance de la question de l'accessibilité du Web.
L'Office des personnes handicapées (OPHQ), qui révise présentement la Loi 9 (Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées) du gouvernement du Québec, devra amorcer une réflexion sur l'accès à l'information aux personnes handicapées, notamment les informations disponibles sous forme électronique telles que les sites Web.
On compare de nouveau l'accessibilité des sites du gouvernement fédéral et la situation aux États-Unis à la situation du gouvernement du Québec au niveau de l'accessibilité. On souligne que s'il n'y a pas plus d'implication concernant l'accessibilité de leurs sites de la part du gouvernement du Québec, les personnes ayant des limitations ne pourront avoir accès au eGouvernement.
Catherine Roy informe les participantes et participants que le CAMO déposera un avis au gouvernement du Québec sur les besoins d'une collaboration de tous les acteurs du gouvernement et l'urgence de s'occuper du dossier de l'accessibilité aux sites Internet du gouvernement pour toute la population.
Un représentant du Réseau de personnes-ressources pour le développement des Compétences des élèves par l'Intégration des Technologies (RECIT) en adaptation scolaire, un réseau éducatif dédié au développement des compétences des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissages ou d'adaptation (EHDAA) par l'intégration et l'utilisation des NTIC dans les écoles primaires et secondaires, brosse un tableau de la situation qui prévaut présentement dans les écoles.
À propos des adaptations technologiques requises pour l'utilisation des TIC par les EHDAA, le RECIT signale qu'il y a des lacunes concernant la formation des professeurs et des accompagnateurs. Un support provincial serait nécessaire pour faire des mises à niveau. On fournit les technologies adaptatives aux étudiants mais les intervenants ou les enseignants n'ont pas toujours les compétences requises pour les appuyer dans l'utilisation adéquate du matériel. Il devient alors difficile de s'assurer que les élèves aient un apprentissage approprié qui leur permette d'utiliser le matériel adapté, risquant ainsi de créer une fracture numérique. Si, à la base, les élèves n'acquièrent pas les compétences nécessaires, il pourra leur être difficile d'accéder au eLearning.
Il y aurait lieu de sensibiliser les facultés de l'Éducation des diverses institutions d'enseignement universitaire à l'urgence de donner de la formation aux futurs enseignants en ce qui à trait aux nouvelles technologies (entre autres, le matériel adapté).
Plusieurs interrogations et commentaires concernant la question de l'accessibilité ont été exposés par différentes personnes présentes :
À la lumière des discussions et des échanges, plusieurs éléments se dégagent. D'abord, il est assuré que le eLearning ou l'apprentissage virtuel se développera grandement au Québec dans les années à venir, que ce soit en entreprise ou dans les réseaux de l'enseignement à distance. Toutefois, ce développement ne prend pas en considération les besoins spécifiques des personnes ayant des limitations fonctionnelles. Pourtant, plusieurs études, recherches et initiatives faites au Canada, aux Etats-Unis ou ailleurs ont déjà permis de dégager des directives à suivre pour rendre accessible le eLearning aux personnes handicapées. De nouveaux programmes informatiques (XML, par exemple) pourrait permettre de faciliter cette accessibilité.
Des solutions existent mais il est urgent que tous les acteurs oeuvrant dans le domaine du eLearning prennent l'initiative de les appliquer. Il faudra aussi que le Québec (le gouvernement en premier lieu) fasse davantage d'effort en ce qui à trait à l'accessibilité et l'adaptation des TIC, sinon il risque d'y avoir un élargissement encore plus grand de la fracture numérique entre personnes handicapées et personnes sans limitations.
Le eLearning ou l'apprentissage virtuel se développent rapidement au Québec et ailleurs dans le monde. Il est donc temps d'agir pour ne pas que les personnes ayant des limitations fonctionnelles ne soient laissées, une fois de plus, sur le quai de la gare alors que le train du eLearning est déjà en marche, un train qui prend de plus en plus des allures d'express.
Vous trouverez ici une liste de projets et d'initiatives concernant l'accessibilité et l'adaptation du eLearning pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles. Nous avons également inclus des ressources sur l'adaptation et l'accessibilité des TIC.
AccessIT (www.washington.edu/accessit/index.php) est un organisme basé à l'Université de Washington, Seattle, USA. AccessIT soutient les institutions éducatives afin de rendre les technologies de l'information accessibles à tous les étudiants et employés. Ainsi, les individus ayant une déficience peuvent bénéficier de toutes les activités scolaires s'appuyant sur les technologies.
AccessIT propose, entre autres, des conseils, des exemples et des études de cas sur la question de l'apprentissage virtuel et les personnes handicapées. On peut aussi visiter la section FAQ du site où l'on retrouve une sélection de questions sur l'apprentissage à distance (Distance Learning) au www.washington.edu/accessit/faqs.php?Button=QA.
DO-IT, qui est affilié à AccessIT, propose également un texte sur la question de l'apprentissage à distance à l'adresse suivante :
www.washington.edu/doit/Brochures/Technology/ distance.learn.html
DO-IT propose aussi une page de ressources à l'adresse suivante :
www.washington.edu/doit/Resources/technology.html.
L'ATRC, affilié à l'Université de Toronto, a mené de 1999 à 2001, une recherche sur l'accessibilité à l'apprentissage en ligne aux étudiants ayant des limitations. Les résultats de l'étude sont disponibles à l'adresse suivante :
http://snow.utoronto.ca/initiatives/access_study/ inclusion.html.
Développé par l'ATRC de l'Université de Toronto et le Trace Research and Development Center, le logiciel A-Prompt (Accessibility Prompt) a été conçu pour aider les auteurs Web à améliorer l'accessibilité et la convivialité des documents HTML. La version française de ce logiciel se trouve à l'adresse suivante : http://aprompt.ca/fr/.
Bobby est un logiciel conçu pour aider les développeurs Web à identifier et réparer les barrières à l'accessibilité en conformité avec les standards d'accessibilités Web.
http://bobby.watchfire.com/bobby/.
Le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées intervient dans le dossier des technologies de l'information afin de favoriser le développement d'expertises et d'initiatives au Québec. La section Web dédiée aux technologies (www.camo.qc.ca/ntic/ressources/) offre diverses informations sur la question, dont une page de ressources exhaustives ainsi qu'une formation en ligne gratuite sur l'accessibilité des sites Web (www.camo.qc.ca/formation/).
Ce centre (www.cnth-roiffe.afpa.fr/accueil.htm), situé à Roiffé en France, a pour vocation la production d'éléments d'analyse et de réflexion afin d'élaborer des propositions en matière d'orientation et de formation professionnelle pour les personnes handicapées. Entre autres projets, le CNTH-Roiffé a produit un dossier thématique sur la formation à distance (www.cnth-roiffe.afpa.fr/thema/dt_foad.htm).
CAST (www.cast.org/) est une organisation américaine de formation sans but lucratif qui utilise les technologies pour accroître les opportunités des gens incluant les personnes ayant une déficience.
La mission de EASI (www.rit.edu/~easi/index.htm), un organisme sans but lucratif basé en Californie, est de fournir de l'information et du soutien dans le domaine de l'accès à l'information par le biais des TIC par les personnes handicapées. EASI effectue de la veille technologique et diffuse de l'information en ce qui a trait aux développements dans le domaine des TIC auprès des écoles primaires et secondaires, collèges et universités, bibliothèques et milieux du travail. EASI est considéré comme un des pionniers aux États-Unis dans le domaine de la formation à distance pour les personnes handicapées.
IMS Global Learning Consortium, Inc. (IMS) développe et fait la promotion des standards facilitant les activités d'apprentissage en ligne. IMS a produit des lignes directrices sur l'accessibilité (www.imsproject.org/accessibility/index.cfm).
Une collection de textes, articles et ressources sur l'accès aux technologies de l'information (www.icdri.org/).
Une formation en ligne sur le design universel de l'apprentissage.
www.interwork.sdsu.edu/courses/distance/higher-ed/ mod4/
Le NCAM (http://ncam.wgbh.org/), situé à Boston, USA, propose des standards de conception pour rendre accessibles les médias, notamment les logiciels éducatifs.
TechDis (www.techdis.ac.uk/index.html) est une organisation située en Angleterre dont le mandat consiste à supporter les organisations dans l'utilisation des technologies de l'information en matière d'incapacités et de problèmes d'apprentissage.
TechDis a produit deux documents concernant l'apprentissage virtuel : un sur le eLearning et les personnes handicapées (www.techdis.ac.uk/resources/msloan02.html) et un autre sur l'adaptation technologique des logiciels supportant la diffusion des cours par Internet (www.techdis.ac.uk/resources/VLE001.html).
Recherche, développement et centre de ressources sur les technologies et les personnes handicapées (www.trace.wisc.edu/).
Le Web Accessibility Initiative (WAI) (www.w3.org/WAI/ ) développe et fait la promotion des standards en ce qui a trait à l'accessibilité du Web.

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Cette publication a été réalisée grâce à l'aide financière d'Emploi-Québec.


La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées.
Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.