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Logo du CAMO pour personnes handicapées

La compétence au-delà de la différence

logo du CAMO adapté pour l'imprimé
Plage tactile (afficheur braille) pour usage de l'ordinateur (déficience visuelle).
Mme Denis de l'Office municipal d'habitation de Montréal.
Travailleur ayant une déficience auditive, signant le mot « travail »

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Emploi et formation : Stratégie jeunesse

Résumé de l'étude de l'exclusion à l'intégration : Un parcours rempli de défis

Prélude ou départ en croisade

Le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées a mis sur pied la Stratégie Jeunesse. Elle vise à éliminer les obstacles que rencontrent les jeunes et jeunes adultes handicapés en matière de formation et d'emploi. Le texte qui suit est le résumé d'une étude socioprofessionnelle sur les jeunes et jeunes adultes handicapés, « De l'exclusion à l'intégration : un parcours rempli de défis ». Plus de 80 jeunes en provenance de Montréal, Québec, Rimouski et Sherbrooke, âgés entre 18 et 35 ans, ont été consultés afin de constituer, par le témoignage de leur expérience scolaire et professionnelle, un portrait de la situation.

C'est à partir des nombreuses problématiques soulevées par cette étude que nous évaluerons les gestes à poser pour favoriser une meilleure intégration de la jeunesse handicapée. Ce projet complexe, qui met à contribution plusieurs acteurs, nous oblige à revoir nos perceptions et nos actions à l'égard de ces personnes.

Bref, partons en croisade rencontrer des héros méconnus!

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Le cheminement scolaire ou le début d'une quête

La majorité des jeunes adultes handicapés qui ont collaboré à l'étude s'accordent sur l'importance du diplôme d'études secondaires pour intégrer le marché de l'emploi. Cependant, l'obtention de ce diplôme est parsemée d'embûches et relève d'une véritable quête.

Les statistiques démontrent cette réalité. Ainsi, selon Statistique Canada (ESLA 1991), 26% des personnes ayant une incapacité n'avaient pas complété au moins 9 années d'études, comparativement à 12,5% pour les personnes sans incapacité. À peine 25% des personnes ayant une incapacité ont poursuivi des études postsecondaires, comparativement à 45% pour les personnes sans incapacité.

La principale difficulté rencontrée par les jeunes handicapés des niveaux primaire et secondaire est le manque de services adaptés dans les écoles. L'obtention des outils d'adaptation selon les catégories de déficiences (livres en braille, documents en gros caractères, ordinateurs et logiciels adaptés, etc.) prend trop de temps et retarde l'apprentissage de l'élève handicapé. Les écoles offrent de moins en moins de services de professionnelles et de professionnels de l'éducation (psychologues, orthophonistes et orthopédagogues). On souligne que l'encadrement scolaire est inadéquat, car les enseignantes et les enseignants manquent de connaissances face à la réalité des personnes handicapées.

De plus, on mentionne que les professionnelles et les professionnels en orientation scolaire ne savent comment diriger cette clientèle distincte vers des voies qualifiantes. Ces carences du milieu scolaire engendrent de nombreux problèmes d'apprentissage qui découragent les jeunes handicapés. Ce découragement produit un taux alarmant de décrochage scolaire.

Aux niveaux collégial et universitaire, le parcours scolaire est encore plus pénible, car l'apprentissage se fait de façon plus autonome. La recherche en bibliothèque ou dans Internet, la rédaction à l'aide d'un ordinateur et les travaux d'équipes représentent autant d'épreuves qui, sans un support technique (documentation et technologies adaptées) ou professionnel (interprètes, preneurs de notes et lecteurs), sont quasi insurmontables. Les établissements d'enseignement sans ascenseurs, l'inefficacité du transport adapté, les préjugés des collègues de classe, l'adaptation déficiente de la pédagogie et des nouvelles technologies constituent quelques-uns des éléments qui contribuent à isoler et à démotiver les étudiantes et étudiants handicapés.

Cette étude démontre que les jeunes et jeunes adultes handicapés qui désirent obtenir un diplôme reconnu par le ministère de l'Éducation n'ont pas les mêmes chances de réussite que les personnes non handicapées. Conséquemment, ils ont un taux de scolarité plus bas.

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Trouver un emploi intégré ou quérir le Graal

Selon Statistiques Canada (1991), le taux d'activité des jeunes et jeunes adultes handicapés de 15 à 34 ans s'élève à plus de 57%. Ce pourcentage représente les personnes en emploi ou en période de chômage. Toutefois, la majorité des personnes rencontrées, détenant un statut de travailleur, occupent un emploi dans un centre de travail adapté (CTA) ou un emploi subventionné par un contrat d'intégration au travail (CIT), et ce, peu importe le niveau de scolarité atteint. Ces emplois sont non intégrés au marché régulier du travail et soumis à des subventions gouvernementales de tout acabit, précaires et à durée déterminée.

D'après les participants à cette étude, intégrer le marché régulier du travail est semblable à la quête du Graal, car cela exige la force et la détermination des héros mythiques du Moyen Âge. Pour obtenir un emploi intégré, il faut posséder une formation qualifiante ainsi qu'une expérience de travail reconnue par les employeurs. Malheureusement, la majorité des jeunes adultes handicapés ne possèdent aucun de ces deux critères. Rappelons, en premier lieu, qu'ils ont généralement un faible taux de scolarité. Deuxièmement, la plupart des emplois qu'ils détiennent sont subventionnés. Ce type de travail est rarement reconnu par les employeurs, car ceux-ci considèrent que les emplois subventionnés sont soumis à des critères moins rigoureux et moins compétitifs que les emplois intégrés au marché régulier du travail.

De plus, les emplois subventionnés sont mal rémunérés et souvent très éloignés du champ d'études des personnes qui les occupent. De même, ils maintiennent fréquemment les personnes détentrices de ces postes en périphérie des emplois intégrés, dans une sorte de ghetto. La plupart du temps, lorsqu'une personne s'intègre dans le réseau des emplois subventionnés, elle en sort difficilement, car, comme nous l'avons souligné, les employeurs du marché régulier de l'emploi refusent de reconnaître ce type d'expérience. Or comme le dit un dicton bien connu : pas d'expérience, pas de travail ; pas de travail, pas d'expérience.

L'adjectif persévérant fait référence à Perceval qui, par sa détermination, devint chevalier et partit à la quête du Graal. Les jeunes et jeunes adultes handicapés doivent, tout comme ce héros, détenir une force et un courage hors du commun afin de persévérer dans la recherche d'emplois intégrés. Les refus répétés, les lieux d'entreprises dont l'accessibilité est limitée ou impossible, les difficultés à communiquer (dues aux limitations fonctionnelles) avec l'employeur lors d'une entrevue, les contraintes dans les services de transport en commun sont autant d'occasions d'abandonner la quête.

En terminant cette section, mentionnons que trouver un emploi intégré est tellement difficile que certaines personnes handicapées préfèrent cumuler plusieurs diplômes universitaires plutôt que de rester inactives. Dans un même ordre d'idées, celles et ceux qui ont réussi à décrocher un emploi intégré sont majoritairement surdiplômés pour le poste qu'ils occupent. Cela donne l'impression qu'on exige que ces personnes soient davantage qualifiées à cause de leurs limitations fonctionnelles.

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Les services spécialisés de main-d'oeuvre ou la méthode Merlin

Au moment des entrevues qui ont permis la rédaction de cette étude, plusieurs personnes ont soulevé une question: pourquoi faire appel aux organismes et aux programmes de soutien à l'emploi alors que les chances de se trouver un emploi sont presque nulles? En effet, les résultats obtenus lors des rencontres avec les jeunes adultes handicapés démontrent que plus de 30 % d'entre eux ne font pas appel, par méconnaissance ou désintéressement, aux divers services d'aide à l'emploi, comme les services spécialisés de main-d'oeuvre. Ces statistiques permettent de supposer que ces organismes ont du mal à joindre ou à attirer une bonne partie des jeunes handicapés pour qui une aide extérieure serait nécessaire.

En revanche, la plupart des participants s'entendent sur l'importance de ces organismes et de l'accès à l'information les concernant. Certaines personnes utilisatrices de ces organismes se disent satisfaites des services reçus et la majorité des jeunes affirment que l'on doit maintenir ce genre de soutien, Toutefois, comme Merlin l'enchanteur usant de son influence et de ses pouvoirs pour élever Arthur au titre de roi, on reproche aux organismes d'être paternalistes, de laisser trop peu d'autonomie à la clientèle et de sélectionner les candidates et les candidats potentiels selon des critères de performance. Cette méthode fait en sorte que les meilleurs emplois vont souvent aux personnes les plus qualifiées, sans égard aux besoins réels, et ce, particulièrement lorsqu'on est en présence de personnes ayant une limitation sévère.

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Excalibur ou l'outil de l'autonomie et de l'identité

Dans la société d'aujourd'hui, le travail est perçu comme l'objectif ultime à atteindre. Il permet de classifier les gens en leur attribuant un statut social, une autonomie et une identité. Comme l'épée du roi Arthur, il est l'outil permettant de se tailler une place dans la société. À l'image de la majorité des citoyennes et des citoyens, les jeunes handicapés ont intégré cette définition du travail salvateur. Étant pour la plupart exclus de la course à la performance, donc à l'emploi intégré, mais ayant assimilé les valeurs actuelles, les jeunes handicapés se retrouvent devant un dilemme. D'une part, ils endossent les réticences des employeurs à les embaucher, mais d'autre part, cette réalité détruit leur estime personnelle. Ils rejettent les limites qu'on leur impose, préférant se les imposer eux-mêmes. Ils désirent se fondre dans la masse, être traités comme les autres jeunes et avoir les mêmes chances qu'eux de s'accomplir.

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Épilogue : Les chevaliers de la Table ronde

L'autonomie financière que procure un emploi est l'élément le plus significatif permettant à une personne de prendre sa place dans la communauté. Le fait de n'être pas intégré dans un emploi durable non seulement exclut les jeunes handicapés mais les maintient souvent dans l'extrême pauvreté.

Selon cette étude, le seul critère déterminant pour l'intégration des personnes handicapées est que les emplois obtenus par celles-ci soient intégrés au marché régulier du travail. Les principaux acteurs agissant auprès de ces personnes, c'est-à-dire le milieu scolaire, les organismes de personnes handicapées, les services spécialisés de main-d'oeuvre, les syndicats et les entreprises devront, à l'image des chevaliers de la Table ronde, être solidaires et travailler de concert pour développer des formations, des stages et des emplois qualifiants qui permettront l'intégration. De plus, pour favoriser le succès d'une telle démarche, les gouvernements devront sensibiliser le grand public afin de tenter de réduire les préjugés à l'endroit de ces personnes.

Les jeunes adultes handicapés qui ont participé à cette étude ne sont pas différents des autres jeunes Québécoises et Québécois. Ils ont des rêves, des aspirations, des besoins ; ils ont le désir de voir leurs espérances comblées. La société doit leur offrir les mêmes chances de s'épanouir comme elle le fait pour l'ensemble de la jeunesse. Voilà l'un des défis à relever dès maintenant!

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La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
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Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.