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Il s'agit de réaliser, sur une période de 3 ans, une série d'activités de recherche, d'expérimentation et de communications afin de mettre en place une stratégie d'intervention appropriée [1] visant à réduire, voire éliminer, la fracture numérique vécue par les québécoises et québécois handicapés en formation et en emploi. [2]
Le volet recherche vise à développer l'expertise et à alimenter les réflexions ou expérimentations. Deux analyses seront entreprises :
Le volet expérimentation vise à développer des stratégies ou modèles d'intervention et à alimenter les recherches et réflexions en cours. Des activités d'information, de formation et de développement sont proposées. Les principales activités sont :
Le volet communications vise à diffuser et partager l'expertise, à informer et sensibiliser les divers acteurs ainsi qu'à promouvoir l'expertise québécoise, notamment au sein de la francophonie. Concrètement, il est question de :
En janvier 2000, un comité des partenaires a été mis sur pied afin de valider les différentes étapes du projet d'organisation du colloque Pour une technologie branchée sur la diversité. Le plan d'action compte sur le maintien et l'enrichissement de ce comité afin qu'il puisse guider la mise en oeuvre du plan d'action et promouvoir celui-ci dans les différents réseaux représentés.
La mise en oeuvre du plan d'action repose sur une équipe de cinq personnes : un(e) chef d'équipe, un(e) chercheur(euse), un(e) formateur(trice), un(e) informaticien(ne) et un(e) secrétaire. Bien que ces ressources effectueront des mandats spécifiques, l'intérêt est qu'elles puissent, comme les volets mêmes du plan d'action, « s'interalimenter » et
« s'interappuyer » en fonction des activités réalisées et des expertises propres à chacun.
Les technologies de l'information et des communications (TIC) se développent de façon exponentielle. En 10 ans à peine, nos milieux de travail et d'enseignement ainsi que nos façons de communiquer et d'accomplir nos activités quotidiennes ont été radicalement transformés. La preuve que ces technologies sont bien implantées n'est plus à faire et les spécialistes du domaine estiment que nous ne sommes qu'au tout début de cette véritable révolution.
Les personnes handicapées, historiquement exclues sur le plan socioprofessionnel, ont fait des gains limitées jusqu'à présent et, au Québec, cette situation se reflète par la faible présence des personnes handicapées sur le marché du travail (le taux de chômage de ces personnes oscille entre 15 % et 35 %, selon les régions), leur faible taux de scolarité (51 % n'ont pas terminé leurs études secondaires ou ne poursuivront pas leurs études après l'obtention d'un DES) ainsi que leurs faibles revenus (41,2 % des personnes handicapées au Québec vivent sous le seuil de pauvreté) [4].
L'utilisation de plus en plus importante des TIC pour l'accomplissement d'une myriade d'activités liées directement ou indirectement à la formation et à l'emploi ainsi que le développement exponentiel que connaît ce secteur posent donc des enjeux importants.
À titre d'exemple, on estime que parmi les 500 premières entreprises québécoises, plus de la moitié (55 %) transigent en outre avec leurs partenaires sur Internet et 59 % disposent d'un intranet [5]. Du côté des PME, on estime que 69 % de celles-ci ayant entre 10 et 200 employés étaient branchées à Internet au mois de janvier 2000 et le tiers (soit 34 %) des entreprises ayant déclaré faire du commerce électronique vendaient leurs produits ou services en ligne [6].
En ce qui concerne l'implantation des TIC dans le réseau scolaire, les données sont plus difficiles à obtenir mais les développements sont suffisamment importants pour que le Conseil supérieur de l'éducation produise un deuxième rapport en cinq ans sur la question et qu'une des recommandations principales somme le gouvernement d'élaborer une politique ministérielle sur les technologies nouvelles en éducation [7].
Lorsqu'on constate que très peu de sites Web québécois [8] répondent aux critères minimaux d'accessibilité établis par le W3C [9], que les équipements informatiques et les réseaux intranet posent des obstacles considérables pour certaines déficiences, qu'on connaît peu, au Québec, les besoins des personnes handicapées en matière de TIC dans les divers milieux de travail et d'enseignement ainsi que chez les développeurs de produits et de contenus technologiques, on peut alors facilement imaginer les conséquences néfastes de cette situation sur les efforts mis de l'avant par les partenaires du marché du travail en matière d'intégration et de maintien en emploi des personnes handicapées. En effet, les enjeux nous interpellent à agir dès maintenant car sinon, l'exclusion socioprofessionnelle que vivent ces personnes prendra de l'ampleur et le retard sera difficile à rattraper.
[1] Plan d'action adopté par le conseil d'administration du CAMO pour personnes handicapées le 9 avril 2001.
[2] Des informations plus détaillées sur les activités prévues sont contenues dans la version intégrale de la proposition.
[3] Centre de recherche informatique de Montréal, août 2000.
[4] Ces statistiques sont tirées du document « Planification stratégique 2001-2004 », CAMO pour personnes handicapées, août 2001.
[5] Le CEFRIO et ses partenaires (l'Institut de la Statistique du Québec, Samson Bélair Deloitte & Touche et le Secrétariat du Conseil du Trésor), tiré de l'Infomètre, site Web du CEFRIO.
[6] Le Groupe Everest, tiré de l'Infomètre, site Web du CEFRIO.
[7] Rapport annuel « Éducation et nouvelles technologies, pour une intégration réussie dans l'enseignement et l'apprentissage », décembre 2000.
[8] 12 % selon une enquête sommaire effectuée par le CRIM pour le CAMO pour personnes handicapées.
[9] Règles émises par Web Accessibility Initiative (WAI) de World Wide Web Consortium.

La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées.
Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.